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Objectif météorites.
Dans le dernier numéro d'Okapi, je t'ai présenté
Proba, un satellite qui vous nous aider, moi et mes amis, à dresser
une carte des micrométéorites. Tu es prêt à
décoller ? 3, 2, 1
Le lancement de Proba eu lieu de 22 octobre dernier depuis la base de
Shriharikota, une île près de Madras, en Inde. Ce pays est
capable d'envoyer une fusée dans l'espace à des prix défiant
toute concurrence. Le problème, c'est que l'Inde, c'est loin de
la Belgique, où nous habitons. Faute de sponsors, nous n'avons
donc pas pu assister au lancement. Et par malchance, la liaison qui nous
aurait permis de suivre l'événement à la télé
n'a pas fonctionné. Mais le lancement s'est très bien passé.
Au moment où tu liras ton Okapi, notre satellite sera quelque part
au-dessus de ta tête et tournera ainsi pendant deux ans au moins.
Dans quelques semaines, nous devrions recevoir les premières données.
Selon les spécialistes, il tomberait entre 100 et 200 000 tonnes
de météorites sur Terre chaque année. La plus grosse
jamais retrouvée pèse 60 tonnes. Mais la grande majorité
de ces objets extraterrestres ont un poids inférieur au gramme
et une taille qui ne dépasse pas le dixième de millimètre.
Quand leur route croise celle de notre planète, ils tombent en
pluie, laissant parfois une traînée lumineuse dans leur sillage
: on les appelle alors des " étoiles filantes ".
Poubelle de l'espace.
Vu leur taille, ces micrométéorites ne sont pas faciles
à retrouver. Sauf si nous parvenons à repérer leurs
points d'impact les plus fréquents sur Terre. Les scientifiques
pourront alors aller les récolter. Pour mener l'étude, nous
allons utiliser un appareil appelé Debie, une sorte de " poubelle
spatiale " : il ramasse toutes les poussières et débris
qui croisent sa route. L'instrument comprend deux détecteurs posés
sur deux faces du satellite. A chaque fois qu'une particule de matière
vient se crasher sur l'un des détecteurs, un analyseur calcule
sa masse, sa vitesse et sa direction. Pour nous, c'est très intéressant,
parce que si l'on sait d'où vient un objet spatial, on peut en
déduire où il aurait atterri s'il avait poursuivit sa course
vers la Terre. En étudiant toutes les données collectées
par Debie, nous pourrons dresser une carte des régions les plus
touchées par les micrométéorites. Les informations
récoltées seront traitées par les ingénieurs
de la station au sol de Redu, en Belgique. Cette base, nous avons eu la
chance de la visiter en mars dernier. Dans la salle de contrôle,
des ordinateurs connectés à une antenne parabolique permettront
de suivre à la trace le satellite Proba. Ce dernier, déposé
à 600 Km au-dessus de nos têtes, tourne autour de la Terre
en passant par les pôles, sans changer son orientation par rapport
au soleil. Comme notre planète tourne sur elle-même, Proba
survole une nouvelle bande de terrain toujours à la même
heure solaire, ce qui permet de mieux comparer les observations.
Grand mystère.
L'étude des micrométéorites devrait fournir de précieux
renseignements sur la formation de notre système solaire. En effet,
ces petites poussières tombées du ciel, vieilles de 4.5
milliard d'années, sont les derniers vestiges de cette matière
primitive qui a formé notre Terre. Si cette mission est une réussite,
elle aidera peut-être à résoudre l'un des grands mystères
de l'Univers. Après tout, on peut toujours rêver
Antoine d'Abbundo
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